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Izis, Paris des rĂȘves

de Sabine Gignioux, publié dans La croix du 10 février 2010.

Une exposition Ă  Paris rĂ©habilite l’Ɠuvre d’Izis, le moins connu des photographes humanistes, ami des dormeurs et des poĂštes.

A quoi rĂȘvent tous ces dormeurs photographiĂ©s par Izis ? Dans quel pays lointain, quel ailleurs fabuleux se sont-ils Ă©vadĂ©s, ces vagabonds couchĂ©s sur le pavĂ©, avec pour tout manteau un lit de feuilles mortes ? Nul ne sait.

Mais les photos sont lĂ  pour nous entraĂźner dans ce monde, au-delĂ  du rĂ©el. Chez Izis, chaque image recĂšle un petit brin de mystĂšre : un dĂ©tail, une anomalie, parfois cocasse, parfois tragique, un instant de poĂ©sie captĂ© par cet Ɠil hors pair, comme une grĂące venue transcender la noirceur quotidienne.

La vie prĂ©caire fut longtemps le lot de cet exilĂ© lituanien, Ă  l’image de ce pinson photographiĂ© dans une minuscule cage, accrochĂ©e en dĂ©sĂ©quilibre Ă  une fenĂȘtre, dans un surplomb vertigineux. ArrivĂ© Ă  Paris en 1930, Ă  19 ans Ă  peine, avec son Ă©dredon en plumes, 7 francs en poche, cet apprenti photographe connaĂźt l’asile de nuit et la galĂšre du travail au noir, payĂ© au lance-pierres. Izis se raconte Issu d’une famille trĂšs pauvre, il ne parle alors que yiddish et hĂ©breu. Quand, aprĂšs trois ans, il dĂ©croche enfin un emploi chez Arnal, un studio rĂ©putĂ© pour ses portraits d’acteurs, il croit tenir son rĂȘve. Et fait venir son frĂšre et sa sƓur qui lui manquent. Mais au bout d’un an, le voilĂ  licenciĂ©. EmbauchĂ© au studio Rabkine, il Ă©pouse la fille du patron, devient papa d’un petit Manuel quand la guerre Ă©clate


Influencé par Brassaï

La famille se rĂ©fugiera prĂšs de Limoges oĂč Izis, alias Izraelis Bidermanas, adopte ce pseudonyme qui deviendra son nom d’artiste. Le voilĂ  de nouveau travailleur clandestin, retoucheur pour les photographes d’Ambazac, ce village oĂč des habitants le cachent. Quand soudain la LibĂ©ration vient sonner son Ă©mancipation artistique. TrĂšs impressionnĂ© par les figures de maquisards, il s’autorise pour la premiĂšre fois Ă  les photographier tels qu’il les voit, « sans se prĂ©occuper de l’amour-propre des modĂšles ».

Ces tirages vintage, montrĂ©s avec un certain retentissement dĂšs 1944, ouvrent l’exposition que la Mairie de Paris consacre aujourd’hui Ă  Izis. Les visages mal rasĂ©s, l’arme contre la joue et le mĂ©got au bec, ce regard adolescent que vient ombrer un casque, cet autre qui nous fixe avec une lueur noire, ont une poĂ©sie brute qui va devenir la marque du photographe, malgrĂ© certaines poses encore empreintes de l’esthĂ©tique Harcourt

Un Ɠil est nĂ© qui, influencĂ© par BrassaĂŻ, va s’ouvrir dĂ©sormais sur tout ce qui l’entoure. À commencer par Paris, la Ville lumiĂšre retrouvĂ©e, encore meurtrie, fragile, mais oĂč la vie refleurit, Ă  l’instar de cette petite fille, photographiĂ©e en 1948, dont le front, collĂ© sur une vitre, dessine une bulle solaire.

GuidĂ© par ses amis limousins, le poĂšte Georges-Emmanuel Clancier et l’écrivain-Ă©diteur RenĂ© Rougerie, Izis rencontre nombre d’artistes et poĂštes qu’il capte dans son objectif, comme PrĂ©vert devenu son ami au fil de pĂ©rĂ©grinations communes Ă  Paris, puis Ă  Londres. Ce dernier participe avec Ponge, Eluard, Cendrars, Cocteau et quarante autres Ă©crivains au livre Paris des rĂȘves Ă©ditĂ© par Izis en 1950, oĂč chaque photo est prolongĂ©e par un texte ou un poĂšme autographe, dans un jeu d’échos infinis.

Sur le Tour de France sans ramener aucune photo du gagnant

Ce qui lui vaut, dĂšs 1951, de faire partie des « Five french photographers » consacrĂ©s par le prestigieux Museum of Modern Art de New York aux cĂŽtĂ©s de BrassaĂŻ, Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau et Willy Ronis, toute la bande de ce que l’on allait appeler la « photographie humaniste ».

Pourquoi des cinq Izis est-il restĂ© le seul aujourd’hui mĂ©connu du grand public ? Armelle Canitrot, chef du service photo de La Croix et commissaire de cette exposition avec Manuel Bidermanas, le fils de l’artiste, avance deux explications D’abord, la discrĂ©tion de l’artiste, trop tĂŽt disparu Ă  69 ans, aussi timide pour se mettre en avant que pour aborder dans la rue ses modĂšles. Ensuite, le fait qu’il fut salariĂ© pendant vingt ans Ă  Paris Match, ce qui, contrairement Ă  son ami Willy Ronis, « ne lui imposait pas de chercher Ă  se faire connaĂźtre pour gagner sa vie ».

DĂšs 1949, fuyant la routine du studio, Izis parvint Ă  se faire embaucher par ce nouveau magazine qui se voulait l’équivalent du Life amĂ©ricain. Il y restera jusqu’à sa retraite, totalement singulier dans le monde des photo-reporters, capable par exemple de partir sur le Tour de France sans ramener aucune photo du gagnant.

« Izis la foule »

Champion du regard dĂ©calĂ©, des « Ă -cĂŽtĂ©s », il y gagne un joli surnom, « Izis la foule ». Au couronnement de la reine d’Angleterre, il photographie des « dormeurs » (encore) et des scĂšnes surrĂ©alistes oĂč sa MajestĂ© trĂŽne en poster dans la vitrine d’un charcutier au milieu des oies dĂ©plumĂ©es. Sa sensibilitĂ© fait aussi merveille dans les portraits d’artistes, tel Roland Petit mimant avec les doigts ses danseuses, LĂ©autaud en spectre Ă©clairĂ© d’une bougie, ou Colette avec laquelle il publie un Paradis terrestre, en 1952, empli de mĂ©lancolie. Chagall, dont il partage les racines juives orientales et l’amour de la peinture qu’il pratique en amateur, lui accordera mĂȘme l’exclusivitĂ© des photos sur la rĂ©alisation du plafond de l’OpĂ©ra de Paris !

EnvoyĂ© plusieurs fois en reportage en IsraĂ«l, Izis confiera y avoir trouvĂ© enfin sa terre promise, livrant dans un nouvel ouvrage des clichĂ©s nourris de rĂ©miniscences bibliques. Car cet Ă©ternel exilĂ©, ayant perdu ses parents dans le gĂ©nocide nazi, gardait au cƓur une insondable plaie.

Celle-lĂ  mĂȘme qui bouleverse aujourd’hui dans ses photographies dĂ©diĂ©es au monde du cirque. Cet univers de rĂȘves, cachant une vie d’errances et de misĂšre, dĂ©tenait son secret. Ce clown guettant l’entrĂ©e en scĂšne, une valise Ă  la main, dĂ©sespĂ©rĂ©ment seul : nul doute que c’était lui

Sabine GIGNOUX

Exposition gratuite . 5 rue Lobau, Paris 4e. Jusqu’au 29 mai, tous les jours de 10 heures Ă  19 heures sauf le dimanche et jours fĂ©ries. À Nantes, Lyon Bellecour et Paris Montparnasse, la Fnac prĂ©sente aussi des photos inĂ©dites d’Izis en Provence, du 20 janvier au 6 mars.

Photo : Dans l'exposition "Izis" (1911-1980) Ă  la Mairie de Paris (Kovarik/AFP). Diaporama : remerciements Ă  Anna et Manuel Bidermanas

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Willy Ronis, l'intransigeance d'un photographe humaniste

de Armelle Canitrot, publié dans La croix du 19/08/2009. Chaque jour,
« La Croix » rencontre des personnalités qui ont vécu les bouleversements du XXe siÚcle. Aujourd'hui, Willy Ronis, presque centenaire, qui ne cesse de se battre contre l'injustice et pour la dignité, et s'émerveille toujours d'émouvoir ses contemporains, toutes générations confondues



«DĂšs mes premiĂšres Rencontres d'Arles, j'ai senti que j'Ă©tais tombĂ© dans une sacrĂ©e marmite. J'y ai vĂ©cu des moments fantastiques, notamment le jour oĂč Eugene Smith nous a parlĂ© de son reportage sur la pollution au mercure Ă  Minamata, au Japon. Tout le monde Ă©tait en larmes. Il remuait alors ciel et terre pour dĂ©noncer ce scandale. » Assis Ă  la terrasse d'un cafĂ© sur la place du Forum Ă  Arles, malgrĂ© la fatigue due Ă  un emploi du temps de ministre, Willy Ronis, Ă©lĂ©gant et charmant monsieur de 99 ans, se remĂ©more les nombreuses annĂ©es durant lesquelles il fut un aficionado des Rencontres d'Arles. InvitĂ© d'honneur du festival qui fĂȘte ses 40 ans cette annĂ©e, Ronis expose aujourd'hui Ă  la chapelle Sainte-Anne 80 photographies retraçant son engagement sans faille au service de l'homme et de l'humanisme (1). Sa traversĂ©e du siĂšcle rĂ©vĂšle ainsi les joies de ses semblables - enfants de MĂ©nilmontant, amoureux, guinguettes, cirque, fĂȘtes foraines -, leurs peines aussi : le dur labeur, les grĂšves, la silicose. Ses bonheurs plus intimes avec sa femme Marie-Anne (le cĂ©lĂšbre Nu provençal, 1949) et son fils, immortalisĂ© dans Vincent aĂ©romodĂ©liste (1952). NĂ© en aoĂ»t 1910 Ă  Paris, Willy Ronis, qui a connu les hippomobiles et les allumeurs de rĂ©verbĂšres, se souvient encore de sa mĂšre ouvrant les rideaux un matin d'aoĂ»t 1914 en s'Ă©criant : « C'est effrayant ! C'est la guerre ! » Enfant souffreteux, il commença tard l'Ă©cole, sachant lire aprĂšs tous les autres. « Petit garçon juif, fils d'un pĂšre nĂ© en 1875 Ă  Odessa, Ă©migrĂ© Ă  Paris en 1906, et d'une mĂšre d'origine lituanienne, je ne me sentais pas Ă  ma place durant les cours sur Charlemagne, Clovis et la chrĂ©tientĂ©... » Son pĂšre, auquel il voue un amour immense, tient une boutique de photographe boulevard Voltaire, et s'Ă©puise toutes les nuits Ă  faire des retouches pour un studio huppĂ©. Sa mĂšre, avec laquelle il ne s'entend pas, est professeur de piano et lui transmet la passion de la musique. Willy se rĂȘve violoniste. Le destin en dĂ©cide autrement. Son pĂšre, atteint d'un cancer et ruinĂ© par la crise Ă©conomique, lui demande de reprendre le studio. « Je suis entrĂ© dans la photographie, prĂ©cipitĂ© par les Ă©vĂ©nements. » Ainsi, dĂšs 1932, Willy se consacre aux portraits de bĂ©bĂ©s et de mariĂ©s jusqu'Ă  la mort de son pĂšre, en juin 1936. Il abandonne alors la boutique aux crĂ©anciers et, avec son appareil 6 ×9 cm, se lance dans le reportage, stimulĂ© par l'enthousiasme des luttes sociales du Front populaire. BientĂŽt la guerre contraint Ronis Ă  traverser clandestinement la ligne de dĂ©marcation. Il se retrouve Ă  Nice dans une troupe de théùtre ambulant avec des amis de la bande Ă  PrĂ©vert. En octobre 1944, il retrouve Paris, oĂč la presse illustrĂ©e, assoiffĂ©e d'images, lui permettra de vivre de son art : « C'est le moment oĂč je me suis senti le plus en accord avec moi-mĂȘme, le plus heureux de faire de la photographie. » L'aprĂšs-guerre, la libertĂ© retrouvĂ©e, la reconstruction, la nĂ©cessitĂ© aussi de croire Ă  nouveau en l'homme aprĂšs l'effroyable de la dĂ©portation : Willy, plus que jamais, tourne son objectif bienveillant vers ses semblables. Inscrit au Parti communiste, il gardera sa carte jusqu'en 1965, tout comme sa femme Marie-Anne, artiste peintre. « Je n'ai jamais Ă©tĂ© un militant. Ce n'Ă©tait pas mon truc. Mes camarades ouvriers qui n'avaient pas fait d'Ă©tudes avaient une connaissance aiguĂ« des problĂšmes sociaux et politiques, ce qui me complexait. J'avais le cƓur, mais je n'avais pas la tĂȘte », explique aujourd'hui celui qui se dĂ©crit modestement comme « dotĂ© d'une intelligence moyenne, enrichie par une sensibilitĂ© trĂšs au-dessus de la moyenne » : « Je vis ma vĂ©ritĂ© Ă  moi. Ce sont les choses artistiques qui m'exaltent le plus, la musique en premier. » Ou la peinture, surtout Bruegel, dont les scĂšnes populaires ne cessĂšrent de l'inspirer. Son engagement, Willy Ronis le vit Ă  travers les reportages sociaux, qui « soulageaient un peu (sa) mauvaise conscience ». À la fin des annĂ©es 1960, en pleine guerre froide, son travail ne tarde pas Ă  intĂ©resser le magazine amĂ©ricain Life, qui lui propose de le publier aux États-Unis. « C'Ă©tait le pactole, mais quand j'ai su que je n'aurais aucun contrĂŽle sur les lĂ©gendes, j'ai refusĂ©. Je ne voulais pas qu'on fasse dire Ă  mes images le contraire de ce que j'avais voulu ou cru y mettre. » Cette rigueur lui fait aussi quitter l'agence Rapho. « J'ai pris des positions tranchĂ©es... » L'artiste paiera trĂšs cher ses convictions. Face Ă  ses difficultĂ©s professionnelles - liĂ©es aussi Ă  l'Ă©mergence d'une nouvelle gĂ©nĂ©ration de photographes -, il quitte Paris en 1972, Ă  60 ans, pour Gordes, puis L'Isle-sur-la-Sorgue, dans le Vaucluse. Il garde un excellent souvenir de ses annĂ©es d'enseignement Ă  l'universitĂ© d'Aix-en-Provence. Sa traversĂ©e du dĂ©sert dure jusqu'en 1980, oĂč il est l'invitĂ© d'honneur des Rencontres d'Arles et publie son livre Sur le fil du hasard (Éd. Contrejour). En 1983, la santĂ© de sa femme (elle dĂ©cĂ©dera en 1991) contraint le couple Ă  revenir Ă  Paris. MarquĂ© par la mort de Vincent dans un accident de deltaplane, Ronis dĂ©cide Ă  84 ans de faire son premier saut en parachute, sans omettre d'immortaliser la scĂšne avec son Minox. Aujourd'hui, Willy Ronis reste en prise sur l'actualitĂ©. « Avant, le chĂŽmage Ă©tait provisoire. Maintenant, cela peut ĂȘtre Ă  perpĂšte. Je suis rĂ©voltĂ©. Depuis mon enfance, je maudis le capitalisme. La crise actuelle prouve une fois de plus qu'il n'y a pas de solution viable dans ce cadre-lĂ . J'admire les gens profondĂ©ment impliquĂ©s dans la vie sociale mĂȘme si cela leur coĂ»te cher. Je suis persuadĂ© que la condition humaine vivra des jours beaucoup plus heureux. Je suis un peu pessimiste pour le moyen terme, mais trĂšs optimiste pour le long terme. » Il ne fait plus de photos depuis que deux cannes l'empĂȘchent de se dĂ©placer librement, mais vit Ă  travers celles qu'il a rĂ©alisĂ©es, et qu'il sĂ©lectionne pour des livres et des expositions - comme celle de l'hĂŽtel de ville de Paris, visitĂ©e en 2005 par 500 000 personnes. « Avec trois dialyses par semaine, ma qualitĂ© de vie a sacrĂ©ment dĂ©gringolĂ©. Enfin, Ă  99 ans, il ne faut pas ĂȘtre exigeant, je sais bien que je fais du rab et cela me fait plaisir. J'ai ma tĂȘte, mes enthousiasmes, mes dĂ©goĂ»ts. Je n'ai pas changĂ© Ă  l'intĂ©rieur, mais je me sens bridĂ© par l'Ăąge », explique ce quasi-centenaire qui se dĂ©clare « athĂ©e plus encore qu'agnostique ». Durant notre conversation, Willy Ronis se sera plusieurs fois pliĂ© avec gentillesse au rituel de l'autographe, signant notamment, Ă  la demande d'un jeune photographe aussi Ă©mu qu'intimidĂ©, un exemplaire original de Belleville-MĂ©nilmontant, paru en 1954 avec un texte de Pierre Mac Orlan. « Dans toutes les activitĂ©s de crĂ©ation, on doute parfois. Mais de temps en temps on a le plaisir de constater qu'on a Ă©mu des gens. Cette Ă©motion-lĂ  soulage, soutient et revigore. Je me sens fier et responsable. À 99 ans, Ă©mouvoir des adolescents, c'est un miracle. »

CANITROT Armelle (1) Exposition hors les murs présentée par le Jeu de paume aux Rencontres d'Arles (Bouches-du-RhÎne) jusqu'au 13 septembre.www.rencontres-arles.comDemain : Jean Anglade.

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ZmĂąla, photographes en collectifs



""ZmĂąla est une revue indĂ©pendante consacrĂ©e Ă  la production des collectifs de photographes, en France et dans le monde. Le foisonnement des structures est tel que nous avons entrepris de rĂ©unir une partie de cette grande famille, de cette ZmĂąla – 26 collectifs rassemblant plus de 200 photographes dans plus de 15 pays –, afin de donner une plus grande visibilitĂ© aux collectifs Ă©mergents et de dĂ©fendre ceux dont la notoriĂ©tĂ© est dĂ©jĂ  Ă©tablie. Un rĂŽle de passeur qui nous tient Ă  cƓur.""

S’organiser est plus que jamais nĂ©cessaire. Les photographes des collectifs le savent mieux que quiconque, eux qui chaque jour cherchent des stratĂ©gies de rĂ©sistance pour continuer Ă  exercer leur passion malgrĂ© un contexte Ă©conomique difficile (comme le souligne la mise en redressement judiciaire de l’agence Gamma). Structures Ă  gĂ©omĂ©trie variable – association, coopĂ©rative, sociĂ©tĂ© –, les collectifs permettent aux photographes d’ĂȘtre indĂ©pendants sans ĂȘtre seuls. VĂ©ritables laboratoires de la photographie contemporaine, en France comme dans de nombreux pays, ils explorent de nouvelles voies.

Parce que la curiositĂ© est le plus beau des dĂ©fauts, les photographes risquent leur vie et leurs finances Ă  courir le monde Ă  la recherche d’histoires Ă  voir, Ă  vivre et Ă  raconter. Des histoires en images Ă  publier dans les journaux ou sur le Web. Des photos Ă  accrocher aux murs ou Ă  projeter sur les Ă©crans. Des photos Ă  partager pour s’interroger et questionner le monde.

Avec In Public, aux États-Unis, vous revisiterez la Street Photography sous la plume avisĂ©e de Gilles Mora. Avec Sha-dĂŽ, au Japon, vous cheminerez entre poĂ©sie et reportage. Avec Est & Ost, vous explorerez le travail d’Andrei Pandele sur la Roumanie d’avant la chute du Mur.

Vous dĂ©couvrirez aussi des reportages Ă  Rio, Ă  Madagascar et en Inde, des portraits en Afrique, des paysages au PĂ©rou
 Des retours sur des lieux dĂ©jĂ  photographiĂ©s Ă  Bucarest ou en Lorraine, vĂ©ritables droits de suite qui permettent de voir et de comprendre. À chaque fois, il s’agit de vĂ©ritables engagements photographiques, comme ce travail sur les militants du RĂ©seau Ă©ducation sans frontiĂšres, en France. Parce que la rĂ©sistance est plus que jamais d’actualitĂ©.

Collectifs prĂ©sentĂ©s : En France : Argos, Dolce Vita, item, Le bar FlorĂ©al, Le Carton, Libre Arbitre, Myop, Odessa, Riva Press, Signatures, Tendance Floue, Temps Machine, Transit. À l'Ă©tranger : Active Stills (IsraĂ«l), Documentography (Angleterre), Est&Ost (Hongrie et France), In-Public (États-Unis, Angleterre, Inde), Kameraphoto (Portugal), N+3 (QuĂ©bec), ParisBerlin>Fotogroup (Allemagne et France), Ruido (Espagne), Sha-dĂŽ (Japon), Stigmat Photo (QuĂ©bec), Sub (Argentine), Supay Fotos (PĂ©rou), Terra Project (Italie).

Prix 19 € 160 pages couleurs, format 20 x 27 cm bilingue français-anglais, publication annuelle L’équipe Directrice de publication > CĂ©line PĂ©vrier RĂ©dacteur en chef > Éric Karsenty Directeur artistique > Nicolas Pruvost Iconographes > Isabelle Tirant SecrĂ©tariat de rĂ©daction > Carole Coen et Éric Karsenty Photographe > Guillaume Collanges Traductions anglais  français > Carole Coen Traductions français anglais > Sally Jukes

Contact zmalaphoto@gmail.com

Historique ZmĂąla doit son origine au mouvement des collectifs de photographes et Ă  Visa pour l’image qui, depuis 2003, les accueille avec bienveillance au sein de son festival. La rĂ©union des collectifs Ă  Perpignan a donnĂ© lieu Ă  la publication d’un catalogue annuel qui s’est transformĂ© en revue en 2008 (avec le soutien de Canon). Cette derniĂšre donne aujourd’hui naissance Ă  ZmĂąla, grĂące Ă  la crĂ©ation de Photographie & Compagnie.

Photographie & Compagnie est une maison d’édition indĂ©pendante dont l’objet est de promouvoir la photographie sous toutes ses formes. ZmĂąla est sa premiĂšre rĂ©alisation. Photographieetcompagnie@gmail.com

Diffusion Le comptoir des indépendants

Publié avec le concours de la région Ile-de-France

ZmĂąla a Ă©tĂ© imprimĂ©e sur les presses de l’imprimerie Edips, Ă  QuĂ©tigny

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Au cƓur des drames de la RD-Congo

Visa pour l’image, Festival international du photojournalisme

Dominic Nahr/ƒil public

Voie sans issue - République Démocratique du Congo (RDC)
Nominé pour le Visa d'or News

de Armelle Canitrot, publié dans La croix du 03/09/09/

«MĂȘme dans les pires situations on est Ă©tonnĂ© par la bontĂ© des gens, explique Dominic Nahr. Le pire, c'est le sentiment d'impuissance. Sur le moment, en photographiant le massacre Ă  Kiwanja, j'avais l'impression d'ĂȘtre un vĂ©ritable vautour. Mais j'ai la conviction profonde que de telles atrocitĂ©s doivent ĂȘtre enregistrĂ©es. RĂ©trospectivement je pense que j'aurais dĂ» faire encore plus. » Son admiration pour les grands reporters de la guerre du Vietnam n'est sans doute pas pour rien dans la dĂ©cision de ce photographe suisse de 26 ans, Ă©levĂ© Ă  Hong Kong, de partir subitement Ă  l'automne 2008 couvrir le conflit entre les rebelles du CNDP et les troupes gouvernementales de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo.

« Je me sens trĂšs concernĂ© dĂšs lors qu'il s'agit de tĂ©moigner et d'enregistrer des faits historiques, dit-il. En tant que journalistes, nous avons la chance de pouvoir transmettre notre comprĂ©hension et notre vision de ce que les gens considĂ©reront un jour comme l'histoire. » Le plus difficile, pour ce photographe qui vivait sa premiĂšre expĂ©rience africaine, a Ă©tĂ© de devoir suivre Ă  la fois l'Ă©volution du conflit sur le terrain, les atrocitĂ©s commises et les mouvements des milliers de rĂ©fugiĂ©s, sans avoir le temps de traiter un sujet plus en profondeur. Ses images intenses montrent, d'une part, les combats entre les soldats gouvernementaux et les rebelles, parmi lesquels on voit aussi le chef Laurent Nkunda, danser aprĂšs un meeting et, d'autre part, leurs consĂ©quences sur une population prise en tenaille entre les deux factions : l'exode et les conditions de vie des dĂ©placĂ©s dans les camps, les familles pleurant leurs morts, les enfants atteints de cholĂ©ra soignĂ©s par MĂ©decins sans frontiĂšres... Un temps photographe pour le South China Morning Post, puis pour l'AFP au Timor, Dominic Nahr est aujourd'hui installĂ© au Kenya pour pouvoir mieux suivre la situation en RDC. LaurĂ©at 2009 du prix Leica Oskar-Barnack, il est reprĂ©sentĂ© par la galerie O'Born Contemporary Ă  Toronto et a rejoint le collectif français ƒil public dont « l'Ă©mulation me permet de progresser dans mon travail et de publier mes reportages dans la presse internationale ».

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Le monde lunaire de Sarah Moon

de Armelle Canitrot, publié dans La croix du 15/11/08

Alors que se tient à Paris le mois de la photo, rencontre avec la photographe des «femmes-Cacharel», discrÚte sur sa vie et intarissable sur l'image.

Dans le parc oĂč tombent les feuilles d'automne, des enfants jouent Ă  chat perchĂ©. Plus loin, deux jeunes Ă©lĂ©gantes chuchotent sur un banc. Venue Ă  la rencontre du visiteur, la chatte HaĂŻku reprend vite sa place dans le fauteuil du salon oĂč flotte un parfum de tubĂ©reuses. Une visite Ă  Sarah Moon dans sa jolie maison du14e arrondissement de Paris est comme un voyage dans le temps. Une plongĂ©e dans ses images, tant son univers est proche de celui de ses photographies. Une impression renforcĂ©e par la semi-obscuritĂ© qui, petit Ă  petit, s'installe et baigne d'un sĂ©pia incertain cet entretien de fin d'aprĂšs midi. Impression renforcĂ©e aussi par ce ton rauque et monocorde qui accompagne habituellement en voix off les histoires de femmes improbables racontĂ©es par Sarah Moon dans ses contes extraordinaires. Yeux bleus, boucles courtes des annĂ©es 1920, vĂȘtue avec l'Ă©lĂ©gance de tissus nobles et discrets, voici la photographe de mode au nom lunaire qui façonna, des annĂ©es durant, l'image de la femme Cacharel, solitaire, rĂȘveuse et nostalgique.
« Cela ne fait pas trop imposant, pas trop «final», pas trop mausolĂ©e ? » DiscrĂšte et modeste de nature, Sarah Moon s'inquiĂšte devant le magnifique coffret de carton gris rĂ©unissant les cinq cahiers de sa monographie publiĂ©e par son mari, l'Ă©diteur Robert Delpire. Paradoxalement, il existe trĂšs peu de livres d'elle. Sarah Moon 1-2-3-4-5 comble donc un manque et rend justice Ă  son Ɠuvre protĂ©iforme : 1, les photographies et textes des premiĂšres annĂ©es ; 2, les annĂ©es 1990-2000 ; 3, les photographies des courts mĂ©trages de contes ; 4, la mode en couleur ; 5, pour le film Mississippi One (1990) et son DVD de 95 minutes. Un livre-objet conçu comme le montage d'un film qui raconterait une histoire, celle de Sarah Moon, devenue artiste « en faisant la photographe de mode ».
Elle est mannequin lorsqu'elle passe de l'autre cĂŽtĂ© de l'appareil photo pour rendre service Ă  une collĂšgue qui a besoin de portraits pour son book. Nous sommes Ă  la fin des annĂ©es 1960. Ses clichĂ©s emballent le magazine Glamour et prĂ©cipitent la fin de sa brĂšve carriĂšre de modĂšle. « J'Ă©tais trop petite et bien trop timide pour ce mĂ©tier sophistiquĂ©. » Profitant des conseils des photographes qu'elle a connus mannequin, et bĂ©nĂ©ficiant d'une curiositĂ© amusĂ©e de la part d'un milieu oĂč les femmes photographes sont rarissimes, Sarah Moon dĂ©veloppe trĂšs vite un univers personnel. « J'ai eu la chance d'ĂȘtre au bon endroit au bon moment. Mes photographies Ă©taient diffĂ©rentes des autres. Les mannequins Ă©taient mes copines, avec elles j'Ă©tais dans la complicitĂ© et non dans la sĂ©duction. La mode Ă©tait un tremplin pour sauter dans une fiction. Le modĂšle Ă©tait l'hĂ©roĂŻne d'un film que je ne ferais pas, l'hĂ©roĂŻne d'un milliĂšme de seconde que je chargeais de toute une histoire. C'Ă©tait l'occasion d'une narration. Je voulais que ma photographie raconte quelque chose de cette femme, pas seulement de la mode », explique aujourd'hui l'artiste qui se dit toujours aussi fascinĂ©e par l'imaginaire dĂ©ployĂ© alors par le prĂ©curseur Guy Bourdin, dans ses publicitĂ©s pour les chaussures Jourdan notamment.
En 1968, en feuilletant un magazine fĂ©minin, l'Ă©diteur Robert Delpire dĂ©couvre une Ă©trange image dans laquelle des fleurs sortent d'un plancher. Son assistante rĂ©ussit Ă  en retrouver l'auteur. « Sarah a apportĂ© son dossier, raconte-t il, et nous avons commencĂ© Ă  travailler ensemble pour Cacharel. Elle a le don de s'approprier les sujets. Quand je suis aux cĂŽtĂ©s d'un photographe comme mon ami Josef Koudelka, je comprends ce qu'il photographie. Avec Sarah, je me demande toujours pourquoi elle se penche sur ceci ou sur cela. Je ne le dĂ©couvre qu'avec le rĂ©sultat. J'adore cette rĂ©vĂ©lation de quelque chose qui ne m'Ă©tait pas venu dans l'Ɠil. »
HabitĂ©e par le passĂ©, Sarah Moon trouve dans la photographie une excellente alliĂ©e pour ranimer les atmosphĂšres crĂ©pusculaires de ses souvenirs. Ses images, qui Ă©voquent parfois celles de Pabst ou de Dreyer, transforment la rĂ©alitĂ© en puisant aux sources d'une enfance toujours vivante chez cette artiste nĂ©e dans une famille d'origine juive, d'un pĂšre Ă  la double nationalitĂ© franco-amĂ©ricaine et d'une mĂšre française aux origines germano-algĂ©riennes. Les traces laissĂ©es par les accidents de la pellicule PolaroĂŻd, les lumiĂšres sourdes et mĂ©lancoliques du sĂ©pia, les couleurs profondes et veloutĂ©es plongent ses personnages dans un monde Ă  part oĂč dominent l'incertitude, la solitude et l'attente. Pris dans une sorte d'empathie, le spectateur oublie que ce sont des photos de mode tant celles-ci donnent Ă  chacun l'illusion de pĂ©nĂ©trer dans un album de famille. « Je n'ai rien contre la nostalgie. La photographie m'intĂ©resse pour son rapport au temps, cette allusion constante Ă  la perte, Ă  la mĂ©moire, Ă  la mort. La photographie m'Ă©chappe autant qu'elle me saisit. Il y a une part d'inconscient que je ne cherche pas Ă  analyser. » La mode est ainsi pour Sarah Moon une « Ă©chappĂ©e belle », un prĂ©texte pour se relier Ă  une autre rĂ©alitĂ©, moins noire, et pour rĂ©inventer le monde. « Sa photographie la reprĂ©sente profondĂ©ment. Charmante, dĂ©licate et gĂ©nĂ©reuse, Sarah y raconte la vie de ses sentiments », confie son ami le peintre Jacques Monory.
Aujourd'hui, le monde de la mode n'est plus du tout le mĂȘme. « Il est difficile pour les jeunes photographes d'affirmer un ton personnel dans ce langage de plus en plus codĂ©, oĂč il faut ĂȘtre toujours plus sexy », dĂ©plore-t-elle. Quand on avait auparavant une journĂ©e pour rĂ©aliser une photo, il faut aujourd'hui fournir huit pages dans le mĂȘme temps. Il n'y a plus de place pour la recherche, seule la performance compte.
« Avoir 20 ans maintenant doit ĂȘtre terriblement dur, l'Ă©conomie, le chĂŽmage, la pauvretĂ©. La solidaritĂ© est plus que jamais nĂ©cessaire. On fait ce que l'on peut, mais on n'arrive pas vraiment «à faire avec», on se sent toujours mal, en deçà de ce qu'il faudrait ĂȘtre. » Le doute qui ne cesse de torturer l'artiste taraude aussi la femme gĂ©nĂ©reuse dont le cƓur rĂ©solument Ă  gauche souffre pour tous les laissĂ©s-pour-compte de la crise actuelle.
Si Sarah Moon travaille toujours pour la mode (Rykiel, Miyake, Lacroix, Comme des garçons...), elle est aussi depuis 1985 investie dans un travail fascinant sur le conte. AprÚs Circuss, L'Effraie, Le Fil rouge ou La SirÚne d'Auderville, inspirés d'Andersen ou de Perrault, elle s'attaque aujourd'hui au Chaperon noir. Ses courts métrages venus d'ailleurs ne ressemblent à rien d'autre, et tricotent, avec une créativité trÚs personnelle et trÚs ludique, photographies argentiques et numériques, film super-huit, vidéo, animation, voix off et autres bricolages. Comme beaucoup d'autres adeptes du Polaroïd, Sarah Moon se résigne à la disparition annoncée de cette pellicule qu'elle a su si bien détourner pour bùtir son monde.
« Cela m'obligera Ă  trouver des solutions. J'adore l'ordinateur qui me permet de bricoler. J'ai la chance d'ĂȘtre nĂ©e entre MĂ©liĂšs et Bill Gates, je profite donc des deux. Finalement l'Ă©conomie de moyens dĂ©veloppe l'imagination. » N'ayant pas la possibilitĂ© de s'offrir la neige, pour le dernier plan de Circuss, elle dĂ©cide donc de filmer au ralenti des grains de sel tombant devant une photo collĂ©e derriĂšre la vitre d'un aquarium. Ses Quatre contes viennent d'ĂȘtre intĂ©grĂ©s au programme de l'Ă©ducation nationale par le Centre national de documentation pĂ©dagogique (2). « Je suis heureuse de redonner Ă  mon tour. J'ai tellement reçu moi-mĂȘme dans mes rencontres avec une musique, un livre, un tableau. »
Photographe et cinĂ©aste - Sarah Moon jongle actuellement entre la fin de son exposition Ă  Londres et son accrochage Ă  la galerie Camera Obscura Ă  Paris (3), tout en terminant le mixage d'un documentaire sur Robert Delpire pour fĂȘter ses 50 ans d'activitĂ©, l'an prochain, Ă  la Maison europĂ©enne de la photographie et aux Rencontres d'Arles. « Quand on est passionnĂ© par son mĂ©tier, ce qui manque le plus c'est le temps. Plus ça va, plus on Ă©limine, pour ĂȘtre au plus prĂšs. Le travail crĂ©atif est trĂšs exigeant, c'est toujours un dĂ©passement.
La photographie est une quĂȘte, lancinante, sans rĂ©pit,
qui requiert Ă©nergie, confiance en soi, rigueur, et qui renvoie toujours Ă  soi-mĂȘme et Ă  sa propre incapacitĂ©.

Armelle Canitrot

(1) Éditions Robert Delpire, 486 p., 120 €, www.delpire.fr(2) Quatre Contes, de Sarah Moon, Éditions ScĂ©rĂ©n-CNDP, DVD 85 mn + livret d'accompagnement pĂ©dagogique de 16 pages, 19 €, www.sceren.com(3) Galerie Camera obscura, jusqu'au 6 dĂ©cembre, 268, boulevard Raspail, 75014 Paris. Rens. : 01.45.45.67.08, www.galeriecameraobscura.fr

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Still nox, PremiÚre monographie de la photographe et vidéaste Manuela MarquÚs

Par Michelle Debat, maĂźtre de confĂ©rence Ă  l’UFR Arts de Paris VIII
www.lacritique.org septembre 2008


Il n’est pas assez courant dans la profusion Ă©tourdissante d’ouvrages monographiques, de rencontrer sobriĂ©tĂ© et respect d’une Ɠuvre dĂ©jĂ  affirmĂ©e et toujours en Ă©laboration, sensible et discrĂšte. L’ouvrage relate en effet dans une maquette sobre et respectueuse le travail de plus d’une dizaine d’annĂ©es de la photographe aux images souvent « sans titre » et aux sĂ©ries non thĂ©matiques Ă  moins que plus justement – comme le souligne Christiane Vollaire dans son subtil texte argumentĂ©, entre autre, autour d’une analyse philosophique empreinte ici Ă  la question de la fonction narrative chez J.-F. Lyotard dans La condition postmoderne (1979) – il ne soit pas question pour Manuela MarquĂšs d’étirer une thĂ©matique mais au contraire de trouver « une cohĂ©rence dans ce qui ne fait pas sĂ©rie ». Et il est un fait, que c’est Ă  un choix d’objets, de natures-mortes, d’intĂ©rieurs dans la pĂ©nombre ou de profil Ă  contre jour, mais aussi de pan de tissus, de chaises vides, d’animaux ou de branchages que la photographe convie notre regard troublĂ© devant cette « Ă©trange familiaritĂ© », cette si proche et si Ă©nigmatique qualitĂ© des lieux et des choses que seule l’absence d’un sujet retirĂ© de l’instant permet d’apprĂ©hender. L’Ɠuvre de Manuela MarquĂ©s est cette sorte de « leçon de tĂ©nĂšbres (qui) procĂšde comme une suite de progressives intersignifications-dĂ©sintensifications de la lumiĂšre et de l’ombre
 Ɠuvre conçue pour signifier ce qu’elle ne montre pas. » (Ch. Vollaire) Il aura fallu ainsi Ă  l’éditeur et au maquettiste une infime sensibilitĂ© pour pouvoir mettre face Ă  face, une perruque baignĂ©e par la lumiĂšre du soleil et le buste aux points serrĂ©s d’un personnage aussi prĂ©sent dans son intemporalitĂ©, que s’il Ă©tait bien en pied devant nous. Tant d’autres vis-Ă -vis aussi forts et justes Ă©grainent cet ouvrage simple et Ă©lĂ©gant, tel cet oreiller juste froissĂ© et ce tapis de pommes de terre dont le camaĂŻeu d’ocres scelle cette fois-ci le sens non narratif mais ouvre Ă  cet « inconscient esthĂ©tique » qui affirme ce travail photographique comme « forme acĂ©rĂ©e de l’indĂ©termination »

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Prix Mark Grosset 2008

Attribué à deux lauréats :

Elisabeth SCHNEIDER
dans la catégorie photojournaliste, pour son sujet Acceptation.
Elle est présentée par l'EMI CFD(Paris)

Romain CARREAU
dans la catégorie photo plasticienne, pour son sujet Vol de nuit.

Il est présenté par l'ETPA (Toulouse)
Le jury Ă©tait composĂ© de: Françoise Denoyelle (historienne de la photographie, chargĂ©e de l’enseignement photographique Ă  l’ENS Louis LumiĂšre), DaphnĂ© AnglĂšs (directrice photo du New York Times), Cyrille Drouhet (directeur photo du Figaro Magazine), Guy Bourreau (prĂ©sident des Promenades Photographiques), Alain Mingam (directeur artistique de L’Oeil en Seyne), Mina Rouhaba (LibĂ©ration ), Adeline Canerre (FRAM), Franck Portelance (Fujifilm) et Laurent Abadjian (TĂ©lĂ©rama). Le Prix est dotĂ© de deux voyages offerts par FRAM, d’un boĂźtier Fuji numĂ©rique Finepix S100 FS et d’une exposition pour l’édition 2009 des Promenades

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Richard Avedon, l’art du portrait par l’épure

de Armelle Canitrot, publié dans La croix du 04/08/08


«Il est enfin permis au public français de dĂ©couvrir l’Ɠuvre magistrale de Richard Avedon (1923-2004), l’un des plus grands, sinon le plus grand portraitiste de la seconde moitiĂ© du XXe siĂšcle. AprĂšs Milan, le Jeu de Paume Ă  Paris accueille cette formidable rĂ©trospective qui n’avait jamais pu voir le jour du vivant de ce photographe exigeant qui orchestrait lui-mĂȘme ses scĂ©nographies. L’ordre chronologique, retenu pour prĂ©senter cette Ɠuvre Ă©purĂ©e, permet de mesurer toutes les rĂ©volutions opĂ©rĂ©es par l’artiste.

ChargĂ© de photographier la haute couture parisienne pour Harper’s Bazaar dĂšs la fin des annĂ©es 1940, Avedon bouscule d’abord les codes rigides de l’image de mode. Il dĂ©gage la verriĂšre du studio parisien du magazine pour profiter de la lumiĂšre naturelle. Surtout, il fait descendre les mannequins dans la rue, comme Martin Munkacsi (1896-1963) qu’il admire. Et il invente des mises en scĂšne qui plongent ses modĂšles dans le mouvement et dans une vĂ©ritable histoire.

Suzy Parker, en robe bustier de Lanvin-Castillo, s’y encanaille dans une gargote de la rive gauche, ou s’élance vĂȘtue d’un manteau de Dior et en patins Ă  roulettes place de la Concorde tandis que, gainĂ©e dans une robe du soir, la fluide Dovima piĂ©tine la paille du Cirque d’Hiver au milieu des Ă©lĂ©phants (1955). Un portraitiste de gĂ©nie

C’est surtout le portrait qu’Avedon va rĂ©inventer et sublimer. InvitĂ© en 1976 Ă  suivre la campagne prĂ©sidentielle amĂ©ricaine pour le magazine Rolling Stone, il dresse le portrait de soixante-treize personnalitĂ©s qui « comptent » – gouverneurs, sĂ©nateurs, banquiers, chefs d’entreprise
 – en laissant chacun se prĂ©senter dans la pose de son choix, pour Ă©viter l’écueil du « portrait idĂ©ologique ».

Cette sĂ©rie au titre provocateur, The Family, 1970-1980, se prĂ©sente comme un bloc de portraits oĂč, cĂŽte Ă  cĂŽte, ces personnalitĂ©s rigides semblent serrer les dents et les coudes pour Ă©viter toute intrusion extĂ©rieure au cercle du pouvoir.

« J’ai posĂ© une sĂ©rie de ‘‘non’’ : non aux jolies lumiĂšres, non aux compositions trop apparentes, non Ă  la sĂ©duction des personnes ou Ă  la narration, expliquait Avedon. Une sĂ©ance de pose est un Ă©change d’émotions. L’image surgit de la rencontre de ces deux Ă©motions. » Le courant est visiblement passĂ© entre l’artiste et ses modĂšles d’In the American West (1980-1985), sĂ©rie magistrale de cent vingt-quatre portraits grandeur nature, fruits d’une commande sur l’Ouest amĂ©ricain passĂ©e par l’Amon Carter Museum. "Explorer les continents inconnus du visage humain"

Ouvriers agricoles, travailleurs des puits de pĂ©trole, serveuses de bar, forains, prisonniers, SDF
, on chercherait en vain les propriĂ©taires de ranch ou les magnats du pĂ©trole parmi ces visages qui semĂšrent la consternation chez ceux qui pensaient y trouver le trombinoscope des gagnants de l’american way of life.

Fond blanc, lumiĂšre neutre, prise de vue frontale, absence d’accessoires pour ne pas perturber la lecture, ces « portraits-manifestes » d’une formidable dignitĂ© ont Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©s parmi les 752 images prises par Avedon en sillonnant, cinq annĂ©es durant, dix-sept États de l’Ouest. « Le fond blanc isole le sujet par rapport Ă  lui-mĂȘme et Ă  son environnement ; il permet d’explorer la gĂ©ographie du visage, les continents inconnus du visage humain », commentait-il en 1985.

Hirsutes, barbouillés, épuisés, posant souvent deux par deux dans une accolade fraternelle, ses bouleversants portraits de mineurs de charbon, pris dans le Colorado et le Wyoming, permettent de mesurer la sensibilité du photographe. Tout comme cette série de clichés pudiques de son pÚre, dont le visage saisi entre effroi et résignation révÚle petit à petit les stigmates de la maladie qui le ronge. Un artiste engagé

Mais l’on doit aussi Ă  Avedon de nombreux et inoubliables portraits de personnalitĂ©s, tels ceux de Jean Genet, Marilyn Monroe, Samuel Beckett, Karen Blixen ou encore du trĂšs torturĂ© Francis Bacon, doublĂ© de lui-mĂȘme dans un diptyque abrupt. Ce n’est pas un hasard si tel ancien gouverneur de l’Alabama dispute l’espace Ă  son valet noir relĂ©guĂ© Ă  la limite du hors champ, ou si le visage poignant d’un ancien esclave est, lui, saisi en trĂšs gros plan.

Avedon couvrit aussi le mouvement des droits civils (1963), photographia la lutte des opposants à la guerre du Vietnam (1969), les victimes des bombardements au napalm (1971), ou encore pour la revue L’Égoïste, la chute du mur de Berlin en 1989.

Absents de l’exposition, ces travaux de reportage tĂ©moignent de ses engagements, tout comme la fresque monumentale dans laquelle il mit en scĂšne les artistes et intellectuels de la Factory d’Andy Warhol, vĂ©ritable manifeste politique et esthĂ©tique Ă  la gloire de ce haut lieu de la contestation des annĂ©es 60 et 70. AprĂšs avoir travaillĂ© pour Vogue de 1966 Ă  1990, Avedon signe en 1995 une Ɠuvre cinglante en couleur dans laquelle il tire sa rĂ©vĂ©rence au monde de la mode et Ă  ses vanitĂ©s. À dĂ©couvrir, cet Ă©tĂ©, aux Rencontres d’Arles.

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Shoji Ueda & Jacques Henri Lartigue

Shoji Ueda (1913 - 2000) est nĂ© et Ă  vĂ©cu Ă  SakaĂŻminato (Japon). Jacques Henri Lartigue est nĂ© Ă  Courbevoie en 1894 et s'est Ă©teint Ă  Nice en 1986. Ils ne se sont jamais rencontrĂ©s, mais ils avaient le mĂȘme talent pour transformer leur quotidien en un petit théùtre de la fantaisie et de la joie de vivre. Shoji Ueda confiait, lors d'un entretien donnĂ© en 1994 : "Lartigue a Ă©tĂ© mon maitre absolu. Il Ă©tait si curieux de tout... Ses photos traduisent parfaitement son Ăąme. J'aurais voulu que toutes mes photos ressemblent aux siennes."

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Mirage d'Europe


Elisabeth Cosimi

Les Ăźles de la mĂ©diterranĂ©e constituent une barriĂšre de plus en plus difficile Ă  franchir pour ceux qui dĂ©cident de fuir leur pays ravagĂ© par la guerre, la faim ou la misĂšre. Pour certains l’exil commence en barque, tandis que d’autres sont partis de chez eux depuis quelques annĂ©es. Ils ont traversĂ© des frontiĂšres, se sont retrouvĂ©s sans argent, perdus ou morts. La mer est le dernier obstacle Ă  franchir avant l’Europe. Les migrants, qui passent finalement la porte, traversent incognito le mirage de la terre des droits de l’homme. Lampedusa, Palerme, Malte, les Ăźles grecques de la mer EgĂ©e ou Chypre sont devenus des «territoires d’attente» oĂč en matiĂšre d’immigration, nos gouvernements expĂ©rimentent et pratiquent l’enfermement systĂ©matique,de nature physique ou psychologique Ă  travers l’existence de camps toujours de plus en plus nombreux. A travers ce reportage photographique Elisabeth Cosimi tĂ©moigne des conditions d’existence quotidiennes de ces “brĂ»leurs de frontiĂšres” retenus sur les Ăźles de la mĂ©diterranĂ©e
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photos souvenirs?

de Armelle Canitrot, publié dans La croix du 08/03/08


«Tant de choses dans une si petite paire de chaussures... C'est dans ces chaussures qu'Ă  trois ans et demi mes pieds m'ont portĂ©e vers Paris afin d'Ă©chapper au conflit commençant en Bosnie, mon pays natal. Et c'est dans cette paire de chaussures que je vois ce que j'ai Ă©vitĂ©, mais aussi ce que j'ai manquĂ©. Il y a deux ans, j'ai compris ce qu'est mon pays, ma ville, j'ai pu voir tout le merveilleux de Sarajevo. Aujourd'hui, avec mes yeux de jeune adulte de 18 ans, je sais que je suis faite pour y vivre. » Comme plus de cent autres de ses compatriotes, DĂ©a fait partie de ces parisiens d'adoption anciens habitants de Sarajevo qui ont confiĂ© leur plus cher souvenir Ă  l'objectif du photographe Milomir Kovacevic. Ma poupĂ©e, La BonbonniĂšre, Tito, La Robe, Valise, BoĂźte gigogne de ma grand-mĂšre, mais encore rose en bouton rescapĂ©e du jardin de famille, moulin Ă  cafĂ© hĂ©ritĂ© d'un pĂšre, portrait d'un grand-pĂšre, icĂŽne de saint Michel Archange, photo d'Ă©cole, carte de transport Ă©tudiant..., plus de cent objets sont ainsi photographiĂ©s sur un fond neutre, accompagnĂ©s des propos de tous ces exilĂ©s de Sarajevo. RassemblĂ©s dans un livre et une exposition, ces photographies dressent l'intime et Ă©mouvant portrait d'une ville et de ses anciens habitants. Milomir Kovacevic, qui couvrit le conflit yougoslave avant de se rĂ©fugier Ă  Paris en 1995, rĂȘve d'exposer tous ces souvenirs Ă  Sarajevo.

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Exils


Michel Séméniako, photographies
Louise L. Lambrichs, textes

Rencontre avec Michel Séméniako le jeudi 10 janvier à 19 heures

"Un jour, en 2000, je dĂ©couvre dans la presse l’image spectrale et verdĂątre d’un groupe de clandestins, elle me bouleverse. Cette image d’humains, traquĂ©s comme des bĂȘtes sauvages par des camĂ©ras thermiques, exprimait la violence dominatrice des puissants, dotĂ©s d’une technologie sophistiquĂ©e, sur les misĂ©rables fuyant guerre et pauvretĂ©. En utilisant un film infrarouge, je dĂ©tourne cette technique « froide » de surveillance. J’en inverse le processus : la chaleur ne dessine plus une cible, mais exprime l’aura des corps vivants, leur Ă©nergie pour survivre"

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Petites cosmogonies

Patrick Bailly-MaĂźtre-Grand
éditions MARDAGA3

304 pages
Patrick Bailly-MaĂźtre-Grand travaille la photographie Ă  partir de procĂ©dĂ©s entre chimie et optique : daguerrĂ©otypes, rayogrammes, monotypes directs, solarisation, virages, strobophotographies, etc. Il procĂšde Ă  des mises en scĂšne et Ă  des montages qui font de chaque photographie une oeuvre d’art unique

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Je me souviens de la Bourgogne des années 50 à 70

Pierre Bonte et Marc Combier
éditions Ouest-France

Un album de 144 pages. Textes de Pierre Bonte d’aprĂšs ses souvenirs et ses enquĂȘtes et 150 photographies issues du Fonds Combier au MusĂ©e NiĂ©pce de Chalon-sur-SaĂŽne Format 21 x 24 cm prix 20 €
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Le Pavillon Baltard,

des Halles de Paris Ă 
Nogent-sur-Marne

Jean-Claude Gautrand
Éditions IDELLE

144 pages
90 photographies
Cet ouvrage retrace l’histoire, en trois volets photographiques, de la dĂ©molition des Halles Ă  la reconstruction Ă  Nogent-sur-Marne de l’unique bĂątiment sauvegardĂ© et donne Ă  redĂ©couvrir l’architecture mĂ©tallique du 19Ăšme siĂšcle Ă  travers les photographies de Jean-Claude Gautrand

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Made in Sarcelles,
belle comme le monde

Xavier Zimbardo
Images En Manoeuvres Éditions

204 pages
170 photographies

Souffrant d’une image nĂ©gative, la ville de Sarcelles est en rĂ©alitĂ© bien diffĂ©rente de ce qu’en « disent » les mĂ©dias.

À travers des photographies sensibles et pleines de vitalitĂ©, Xavier Zimbardo cherche Ă  donner de Sarcelles une vision d’auteur certes subjective, mais qui permet de renvoyer, Ă  tous ceux qui s’en font une idĂ©e fausse, un reflet d’une vie commune plus conforme Ă  la rĂ©alitĂ©.

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La Ruche

Daniel Lebée,Pierre Le Coz
Editions Nicolas Chaudin

126 pages, 60 photographies

Daniel LebĂ©e commence Ă  photographier La Ruche dĂšs 1985 oĂč 20 ans plus tard, il installera son atelier. Sa collaboration avec Pierre Le Coz nous en restitue l'impĂ©rissable bohĂšme

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Crise de la presse ou
du photojournalisme ?

de Magali Jauffret, publié dans L'Humanité du 11/09/07


Un des thĂšme du colloque proposĂ© cette annĂ©e dans le cadre de la 19 Ăšme Ă©dition de « Visa pour l’image » qui a attirĂ© un public nombreux et attentif et que je porte Ă  votre apprĂ©ciation.

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1Úre édition du Prix Mark Grosset

Ce prix crĂ©e par le festival Promenades photographiques de VendĂŽme est un prix des Ă©coles photographiques en mĂ©moire de celui qui fut directeur d’ Icar photo avant de disparaĂźtre prĂ©maturĂ©ment. Il sera attribuĂ© chaque annĂ©e Ă  un laurĂ©at d'une des Ă©coles photographiques. Chaque Ă©cole qui souhaite participer propose un candidat et un jury rĂ©unit Ă  Paris dĂ©but juin dĂ©signe le vainqueur. Toutes les Ă©coles photographiques peuvent concourir. Le Prix Mark Grosset a Ă©tĂ© remis le 16 juin 2007 Ă  Michael Hauri, un jeune Ă©tudiant Suisse de l’école de Hanovre en Allemagne dans le cadre des rencontres photographiques de VendĂŽme. Le festival a bon espoir d'obtenir l'annĂ©e prochaine deux dotations, l'une pour le photojournalisme et l'autre pour la photographie plasticienne.